Quand la religion rejette un mourant
Pergiorgio Welby a demandé, pour Noël, le droit de mourir dignement. Un médecin a entendu son appel en débranchant son respirateur artificiel. Atteint de distrophie musculaire, Welby n'avait plus que le mouvement des paupières pour s'exprimer. Il incarnait le combat pour le droit de mourir en Italie et sa mort relance le débat sur l'euthanasie dans le pays.
Lors de sa célébration dominicale, le pape Benoit XVI a demandé à ne pas oublier le Christ pendant ces fêtes de Noël. Il a également demandé de se rappeler que beaucoup de personnes, dans le monde, passeraient ce moment « dans la solitude, la maladie et la souffrance ». Quel beau discours de souverrain pontife! La suite malheureusement est beaucoup moins glorieuse.
Pergiorgio Welby désirait, dans sa dernière requête, des obsèques religieuses. L'Eglise lui a refusé, considérant son souhait de mourir comme un acte de suicide. Lors de son dernier discours le pape est intervenu dans ce débat en condamnant l'euthanasie au nom du caractère sacré de la vie.
J'entend bien que la vie est un cadeau de Dieu quand elle peut être vécue. Un homme sous assistance respiratoire, maintenu en vie grâce aux technologies médicales, cela ne ressemble en rien à la vie. Welby vivait dans une prison : son corps. Il ne l'a pas choisie, il n'en est pas responsable, il l'a juste subie.
Le pape a su mettre en avant les meilleurs preceptes de la religion dans son discours, il ne les respecte même pas lui-même. Welby faisait partie de ces gens dans la maladie et la souffrance. En mourant, Welby a juste voulu vivre autrement.
Photo D.R.